L’école d’arts appliqués Boulle fait peau neuve [ru]

L’école Boulle, l’une des plus réputées dans les domaines des arts appliqués et du design en France, vient d’achever quatre années de travaux. Pour l’établissement, c’est l’occasion d’afficher une réussite séculaire bien méritée. JPEG

Une rénovation ambitieuse au service d’un enseignement d’excellence

C’est désormais dans le 12ème arrondissement de Paris, tout près de la place de la Nation, que sont réunis les espaces d’enseignements dispensés, depuis 1886, par l’école qui porte le nom du célèbre ébéniste de Louis XIV, André-Charles Boulle.

Au terme de quatre années de travaux de rénovation et de modernisation du site historique, les élèves comme les enseignants bénéficient des meilleures conditions d’enseignement. C’est l’architecte Patrick Sirvin qui a conduit ces travaux. Un restaurant au design soigné, une terrasse panoramique et un réagencement complet des espaces de vie font notamment partie des nouveautés du site. L’école a également bénéficié de l’acquisition d’équipements technologiques de pointe. Comme le souligne le directeur de l’établissement, Christophe Hespel, « il est actuellement impensable de travailler les arts appliqués sans outils numériques ».

Au total, le coût de cette rénovation portant sur 17 800 m2 et de cette extension de 7 400 m2 s’élève à 86 millions d’euros.

Durant les travaux, les locaux n’ont pas pour autant fermé. Au contraire. L’école n’a pas cessé d’accueillir de nouveaux élèves, tant en arts appliqués qu’en design, les deux grands domaines qui lui sont chers. « La spécificité de notre école tient à ses deux domaines pédagogiques. D’une part les métiers d’art historiquement ancrés dans l’école, comme la sculpture sur bois, la tapisserie ou la bijouterie. D’autre part, le design qui depuis les années 70 ne cesse de prendre de l’ampleur, avec notamment des filières d’architecture d’intérieur ou de graphisme, assure Christophe Hespel. Et entre ces deux domaines, les rapprochements sont constants, faisant l’unité de l’école ».

Une reconnaissance mondiale …

Au total, l’établissement accueille plus de 1000 étudiants en cursus scolaire et environ 500 en formation continue. Parmi eux, une quinzaine proviennent de pays étrangers. Un axe de développement important pour l’école. Des échanges d’étudiants sont notamment en cours avec le Bénin, le Maroc ou encore le Japon. « Nous avons envoyé des élèves à Kyoto dans l’école Task, explique M. Hespel. La ville entreprend d’importants travaux pour la préservation de leurs temples, et notre expertise leur est précieuse ».

« Notre école est connue sur le plan mondial, poursuit le directeur. Les étrangers qui viennent à Paris veulent voir le musée du Louvre, mais aussi l’école Boulle ; elle fait partie des symboles de l’excellence française. Notre prestige attire dans tous les domaines, notamment dans les filières de design ».

… mais un ancrage parisien très fort

L’école Boulle, financée par des dotations de la ville de Paris, des subventions et du mécénat, entend conserver un lien fort avec ses anciens élèves. C’est notamment le cas avec cinq d’entre eux, installés dans les Ateliers de Paris, lieux de création et d’innovation dédiés au développement des entreprises dans les secteurs des métiers d’art, de la mode et du design. La ville de Paris permet ainsi à des créateurs débutants ou confirmés de bénéficier d’un lieu d’exposition et d’un accompagnement économique.

A l’occasion de l’achèvement des travaux de l’Ecole, plusieurs manifestations ont lieu à Paris. Une vente aux enchères est notamment prévue au mois d’octobre prochain. Pour la première fois, l’établissement proposera aux enchères publiques, dans les salons d’honneur de l’Hôtel de ville de Paris, des œuvres d’anciens élèves et de professionnels de renom. Les fonds récoltés serviront notamment au financement de nouveaux projets au sein de l’établissement. L’école entend notamment multiplier les partenariats, tant avec les pouvoirs publics qu’avec les industriels de l’ameublement et du design, ou encore les grandes enseignes comme Accor, Bouygues ou Hermès.

Barbara Leblanc

Site Internet

http://www.ecole-boulle.org/

publié le 22/10/2014

haut de la page